L’AGROECOLOGIE, des OPPORTUNITES pour le TERRITOIRE

Le Collectif citoyen :

Suite à la conférence de Marc Dufumier du 24 janvier 2020 au Lycée Agricole de La Côte St André «L’AGROECOLOGIE des OPPORTUNITES pour le TERRITOIRE » des personnes ont souhaité se grouper pour accompagner le développement de l’agroécologie sur le territoire.

Le Collectif est ouvert à tous ceux qui sont intéressés pour approfondir et participer au développement des principes de l’agroécologie scientifique présentés par Marc Dufumier lors de sa conférence. Vous trouverez ci-dessous un résumé et dans les documents, une synthèse plus détaillée.

Pour rejoindre le Collectif vous pouvez tout simplement vous inscrire via le formulaire d’inscription, et vous aurez accès au forum de discussion.

Si vous souhaitez plus d’information, vous pouvez envoyer un mail en utilisant le formulaire de contact.

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L’AGROECOLOGIE

(résumé)

 1 – L’agroécologie c’est quoi ?

C’est la science qui étudie les rapports et les interactions entre les êtres vivants qui sont à la base de notre nourriture (les plantes, les animaux, les microorganismes) et également avec le milieu dans lequel l’agriculteur les a placés (sol, air, éléments du climat, paysage, batiments…). Ces connaissances scientifiques permettent de concevoir des systèmes agricoles (combinaisons plantes/animaux/ environnement) et les techniques pour conduire ces agro systèmes afin d’atteindre les objectifs fixés (voir paragraphe 2) avec le maximum d’efficience  c’est-à-dire efficacité et économie de moyens.

Remarque : l’agroécologie ne réinvente pas tout, elle permet  aussi d’expliquer pourquoi des pratiques ancestrales restent dignes d’intérêt et éventuellement de les améliorer ou de les adapter à nos sociétés actuelles.

2 – L’agroécologie, pour quoi ?

L’agroécologie permet une agriculture qui  réponde aux attentes de la société actuelle :

– nourrir une population croissante mais dans le respect des personnes c’est-à-dire en dehors des spéculations financières (aujourd’hui les humains qui soufrent de la faim sont ceux qui ne sont pas solvables)

– assurer une alimentation avec des produits de qualité, nutritionnelle mais aussi sans résidus d’hormones, d’antibiotiques et pesticides. Une alimentation capable de maintenir en bonne santé.

– respecter l’environnement : pollution de l’eau, de l’air, des sols, disparition des insectes …

– restaurer et maintenir la fertilité des sols à long terme pour les générations futures (érosion, humus…)

– contribuer à l’autonomie des territoires : produire et consommer local (circuits courts)

– ne pas réduire la capacité des pays émergents à se nourrir eux même (prix mondiaux très bas, achats massifs de soja …)

– assurer un revenu décent aux agriculteurs

– enrayer l’exode rural (garder les emplois) et favoriser les relations sociales.

3 – L’agroécologie, comment ?

31 – utilisation intensive des ressources naturelles renouvelables : Soleil, CO2, azote de l’air, roches mères des sols

Nos aliments sont essentiellement composés de C (carbone), H (hydrogène), O (oxygène) et N (azote). Glucides et lipides sont composés de C, H, O et les protéines de C, H, O, N. Les premières fabrications sont assurées par les végétaux grâce à la photosynthèse  pour laquelle les plantes se fournissent en énergie en interceptant les rayons du soleil avec leurs feuilles. C’est une source d’énergie inépuisable qu’il faut utiliser de façon intensive en implantant des couverts végétaux qui ne laissent pas se perdre un seul rayon de soleil, aussi bien dans l’espace (avec un étagement de la végétation pour que les plantes basses récupèrent ce que les plantes plus hautes ont laissé passer) que dans le temps pour qu’il n’y ait pas de sol nu à quelque période de l’année que ce soit.

– Pour la fourniture de carbone C, la plante va absorber le CO2 (gaz carbonique) contenu dans l’air. C’est aussi une source inépuisable et même excédentaire (gaz à effet de serre) dont on peut faire une utilisation intensive sans modération

– Pour l’azote N, la plante ne sait pas utiliser directement l’azote gazeux (N2) contenu dans l’air en grande quantité, mais elle peut bénéficier du travail de bactéries qui captent l’azote gazeux et mettent une forme assimilable à disposition des plantes On peut donc faire un usage intensif de l’azote de l’air en veillant aux bonnes conditions dans le sol et en implantant des légumineuses. Une autre source importante d’azote pour les végétaux ce sont les déjections animales qui, mélangées à de la paille donnent le fumier et ensuite de l’humus dans les sols. L’agroécologie a donc besoin de l’association végétal + animal soit au niveau de l’exploitation soit au niveau du territoire.

32 – utilisation intensive de la biodiversité comme  facteur de production

Dans un agro écosystème les éléments de biodiversité peuvent être très nombreux :

Les éléments de biodiversité structurelle implantés à moyen et long terme, qui sont d’autant plus efficaces qu’ils sont conçus au-delà de l’exploitation, à l’échelle du territoire : les bois, les haies, les bandes enherbées, les fossés cours d’eau et mares, les murets, les bâtiments …

Les éléments de biodiversité culturale qui ont un turn-over plus rapide et dépendent des choix et pratiques de l’agriculteur : la taille des parcelles, les prairies, les espèces et variétés de l’assolement, les cultures en association, les cultures intermédiaires, l’agroforesterie, les bandes enherbées,  les friches, l’activité biologique des sols, le travail du sol, les techniques de fauche …

En agroécologie la biodiversité est un facteur de production central puisqu’elle participe à :

POLLINISATION, FECONDATION par les insectes, capital et irremplaçable (pas d’insecticides)

FERTILISATION et FERTILITE des sols à long terme par la matière organique (pas ou peu d’engrais fabriqués)

PROTECTION CONTRE L’EROSION (couverture maximale des sols, structuration par les racines)

PROTECTION DES CULTURES (par les défenses naturelles + auxiliaires … pas ou peu de pesticides)

PROTECTION DES ANIMAUX  (aléas climatiques, santé / alimentation, parasites…)

PRESERVATION DE LA RESSOURCE EN EAU (limite le ruissellement, augmente la capacité de réserve, filtre …)

RECYCLAGE, EPURATION des résidus organiques (au lieu d’en faire des polluants : lisiers …)

RESSOURCE GENETIQUE (la diversité génétique augmente notre capacité d’adaptation)

PRODUCTION D’ENERGIE renouvelable (économie d’énergie fossile)

ET AMELIORATION DU REVENU en améliorant l’autonomie (diminution des intrants)

33 – recherche de l’autonomie et de l’efficience

Le système produit l’essentiel de ce dont il a besoin et limite les recours à l’extérieur  (en énergie, en eau, en protéine, en fertilisants, en semences, en capitaux, …)

 L’agroécologie permet de concevoir et faire fonctionner des systèmes agricoles productifs, résiliants, économes, sains et socialement bénéfiques.

(Pour plus de détails voir la synthèse de la conférence de Marc Dufumier)